Je voulais te dire

Je suis entrée sur une envie, presque un déclic. Il fallait que je pénètre dans ce magasin. Cela m’arrive parfois d’entreprendre des actes contraires à ma nature, quand les aiguilles de l’horloge de mon équilibre intérieur se bloquent. Ou quand l’existence m’exile en des zones éclipsées, dérangeantes. Lorsque je ne sais plus quelle image est la mienne, à quoi ressemble mon cœur.
Je me souviens que je me couchais tard en laissant la fenêtre grande ouverte sur l’immensité céleste pour que mon corps s’assoupisse tandis que mes idées flirtaient avec les étoiles. Je sommeillais souvent le jour, les volets clos des bruits du monde.
J’écrivais quelques lignes, les pensées évadées. Quand la fatigue déroutait ma raison, je sortais flâner sur les sentiers qui ondulaient à travers les bois, juste pour me noyer dans ce vert dont je peins l’espoir, me saouler du vent qui caressait les feuilles avec grâce et harmonie. La campagne était paisible, j’admirais la silhouette ronde des vallons embaumant tant de senteurs flatteuses, la danse exquise des herbes qui se courbaient sous la brise.
Les joues rosies et la paix au creux des veines je rentrais pour réchauffer mon esprit avec un café dont l’arôme puissant m’enveloppait d’une sensation de bien-être ensorcelante. Et je songeais à toi si près de moi en cet instant bienheureux. J’étais déjà à toi par delà l’inconnu de nos destinées car j’étais convaincue qu’un sentiment qui vibre si fort d’un simple regard réserve bien plus quand se délivrent les voix, lorsque s’offrent les gestes, s’échappent les émotions.
Je vois ton cœur sur ton visage, dans ton corps, dans tes attitudes. Le temps se fige quand je te contemple. Mon cœur s’ouvre comme une fleur éclot dans la rosée du matin et explose dans la tiédeur des heures chaudes. La beauté de ton âme me déchire en douceur tel un lambeau de papier écorché qui plane voluptueusement dans les airs. Un chemin s’ouvre dans notre monde, une lumière suave éclaire nos pas sur une voie qui serait telle une passerelle que nous traverserons ensemble pour accéder au paradis.
Il fait si soleil, si bleu. J’étais comme la Bête retenue par enchantement dans la laideur d’une vie échappée et par la force de l’Amour tu m’as fait renaître à la vie.