Impasse

De la vie tu as tout essayé,
Les vérités trop révélées,
Tes rêves réalisés,
Tes vengeances achevées,
Tes amours assouvies,
Tes ambitions réussies,
Ta gloire établie,
Ta puissance accomplie.
De ces faits tu en es fier.
Tu as renié tes frères,
Abandonné les tiens,
Oublié d’où tu viens,
Trahi tes amis,
Détruit tes ennemis,
Bafoué toutes les lois,
Instauré ton droit,
Acheté les institutions,
Corrompu les administrations,
Nuls regrets
Pour ces méfaits,
Tu t’étais tracé ton destin,
Tu l’as mené à bien.
Mais regarde-toi en face,
Laisse tomber les masques,
Ne triche pas pour une fois,
Ne te mens pas,
Accepte les règles du jeu,
Lis au fond de tes yeux.
Ton âme te crie,
Elle te supplie pour ta survie.
Elle est ton ultime chance
Pour effacer tes offenses,
Faible lueur dans ton noir,
Ton infime sagesse, ton espoir
Pour gommer tous les maux
Engendrés par tes défauts.
Tu es un ambitieux,
De ces êtres trop sûrs d’eux
Qui croient que le monde est à eux,
N’ont pas de foi, jamais de dieux,
Dont les vies sont taillées dans l’écorce
Avec le feu de leurs forces.
Tu es présomptueux, orgueilleux,
Jusque dans tes aveux.
Bannies la discrétion, la modestie,
Tu aimes faire envie.
Ton plaisir, paraître,
Ne s’afficher que pour plaire.
Monstre, tu ne peux plus le taire
Car dans ta tête c’est l’enfer.
Ton image dans ce miroir,
Ces retours dans ta mémoire,
Reflets de toutes tes fautes,
Tu es ton propre fléau.
Tu analyses ton existence,
Souris de ton importance,
Mais bien loin tu peux chercher
Ces rares présences naguère dédaignées.
Il est déjà très tard
Pour changer ton histoire.
Afin d’adoucir tes heures
Modifie d’abord tes valeurs.
Détache-toi des scandales,
Des liaisons futiles qui s’étalent.
Du verbe aimer réapprend le sens,
Cela t’évitera de mourir dans l’indifférence.