Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 01:36

 

 

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En dépit des 69% de Français qui affirment ne pas se sentir concernés par le cinquantenaire des indépendances africaines, d’un président Sarkozy qui a déclaré que « le drame de l’Afrique c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire » ou que la France n’a pas besoin de l’Afrique parce que ce « continent pauvre » ne représente que 2% des flux économiques, le 1° avril 2010, Monsieur Jacques Toubon, chargé d’organiser l’évènement, a débuté les commémorations par une conférence de deux heures tenue au centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE) à Paris, sans la moindre participation d’un Africain à la tribune ! Cherchez l’erreur…

A l’instar de ce journaliste africain qui n’a pas manqué de soulever un doute légitime, on est en droit de se demander s’il s’agit bien d’une intention de réconciliation ou une manière dissimulée de célébrer la nostalgie de l’empire colonial perdu ?

Bien sûr des hommages ont été rendus aux soldats qui ont combattu aux côtés de la France, par ailleurs tous nommés abusivement « tirailleurs sénégalais », mais nulle allusion aux Africains qui vivaient paisiblement avant l’arrivée des « explorateurs » et dont l’existence a été outrageusement bouleversée par les colons. Des propos dignes de l’exposition coloniale, comme d’habitude…

Certes l’ancien ministre a annoncé le lancement de 250 projets parrainés pour une enveloppe globale de 16.3 millions d’euros, mais il est demeuré très évasif quant aux détails exacts de ces manifestations. Hormis la participation de contingents des armées des 14 ex-colonies au défilé du 14 juillet à Paris ainsi qu’un sommet, qualifié de paternaliste par les observateurs, la veille, réunissant les chefs d’Etat des 14 pays autour de Nicolas Sarkozy, d’une rencontre franco-africaine, fin mai à Nice, de nombreuses interrogations demeurent quant à la véritable signification de ces célébrations en France.

En fait, comme depuis 50 ans, les relations franco-africaines demeurent chargées d’ambiguïté, d’opacité et forcément de malentendus. Mr Toubon a beau insisté sur le fait que Paris veut instaurer un « partenariat rénové », force est de constater que les promesses non tenues du passé ont engendré aigreurs et blessures dont il est difficile de se débarrasser de part et d’autre. Les uns sont embarrassés, les autres rancuniers. Difficile de faire la fête dans un pareil climat… D’autant que de nombreux pays de l’Afrique francophone connaissent actuellement des regains d’instabilité qui ne favorisent guère les réjouissances d’un anniversaire. Telle la Côte d’Ivoire qui a d’emblée annoncé qu’elle entendait « célébrer le cinquantenaire seule, dans le cadre de sa politique nationale de refondation » et dont les relations avec la France sont des plus tendues.

Pourtant, dès ce week-end, le Sénégal célèbre le cinquantième anniversaire de son indépendance obtenue le 04 avril 1960. Cet Etat a été la première colonie française d’Afrique noire à s’émanciper, ouvrant la voie, au cours de la même année à 13 autres pays : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Gabon, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Togo.

Les commémorations sénégalaises débutent par l’inauguration du monument de la Renaissance africaine, une énorme sculpture de type vaguement soviétique, haute de 52 mètres, construite par les Nord-Coréens. Cette imposante structure a du reste suscité une vive polémique et même engendré une demande de boycott de la part des opposants à Abdoulaye Wade, président sénégalais, car non seulement son coût est estimé à plus de 15 millions d’euros mais, de surcroît, un tiers des recettes devraient être reversé au président Wade au titre de droits d’auteur en tant que concepteur du projet.

Toutefois, ce sont 19 chefs d’Etat africains qui se sont déplacés pour l’évènement, ainsi que des vedettes telles que Manu Dibango et Akon. Absent de cette cérémonie, Mr Nicolas Sarkozy a envoyé un message écrit à son homologue sénégalais et a dépêché son ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui devrait être présent dimanche.

Au final, entre le lapsus de Mr Jacques Toubon qui, évoquant la coopération militaire entre la France et ses anciennes colonies, a malencontreusement parlé « d’accords de défiance » à la place des « accords de défense » qui devraient être profondément modifiés et les griefs des ex-colonisés envers la métropole, il y a fort à parier que le malaise entre les deux parties subsistera encore longtemps.

 

 

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Le président Wade - 03.04.2010

 


Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : REPORTAGES - Communauté : Blois, autrement
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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 21:20

 

 

 

 

 

Eric Besson, détestable Ministre de l’Immigration, présentait, mercredi, en conseil des ministres, un projet de loi visant à sanctionner plus durement les patrons employant des sans-papiers. En vérité il soumettait des textes facilitant l’expulsion des clandestins.

Si Mr Eric Besson veut faire croire qu’il souhaite « renforcer l’accueil et l’intégration des ressortissants étrangers », c’est plutôt raté. En effet, si tel avait été son désir, il n’aurait pas précisé que le gouvernement s’est fixé pour objectif d’expulser environ 30 000 personnes par an. Désolée de vous contredire, Monsieur le Ministre, mais compte tenu de ces propos complémentaires, cela ne s’appelle pas de l’intégration mais du nettoyage ! Car le but est bel et bien d’éloigner les étrangers en situation irrégulière et que les procédures changent ou non, seul compte le résultat…

Pourtant, force est de constater que cette main-d’œuvre illégale existe car demande il y a. Malheureusement les clandestins, s’imaginant de loin que la France est un Eldorado, sont les premières victimes de ces emplois non-déclarés car non seulement ils se positionnent dans l’illégalité face à la législation française, ne profitent d’aucun des avantages de notre système social mais sont également exploités par des patrons dénués de toute morale qui en abusent délibérément pour des sommes de misère.

Pourtant, ne nous voilons pas la face, ils sont indispensables. Le marché du travail, notamment dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, a besoin de cette main d’œuvre. Ces clandestins sont certes prêts à tout pour obtenir un emploi dans notre pays mais ils ne sont pas la cause des problèmes actuels. L’abus d’embauches d’ouvriers sans papiers est né de la crise qui est elle-même issue du capitalisme. Tant que les charges sociales seront toujours aussi exorbitantes pour les patrons, tant que subsistera un sentiment de précarité en matière de contrats sur le long terme et surtout tant que les responsables des entreprises voudront faire toujours plus de profits, il demeurera des clandestins.

Soyons raisonnables et admettons que les emplois occupés par ces pauvres déracinés ne sont que des tâches que les Français n’accepteront jamais d’accomplir. Non seulement ce sont essentiellement des travaux épuisants, sans espoir d’évolution, mais également très mal rémunérés. Et pourtant ce sont des pans entiers de l’économie qui sont essentiels, des secteurs souffrant d’une pénurie croissante de main-d’œuvre depuis des années.

Imaginons un seul instant que tous ces sans-papiers qui occupent actuellement ces postes de 3° catégorie soient renvoyés dans leur pays d’origine mais il y a fort à parier que cela engendrera une pagaille monumentale dans de nombreux secteurs, avec toutes les conséquences désastreuses que l’on puisse imaginer sur la durée.

Monsieur le Ministre, ouvrons les yeux et concédons que la majeure partie des clandestins résidant sur notre territoire, est disposée à exécuter les plus basses besognes et, que sans eux, notre économie court au désastre car cela fait des années que ces domaines ne parviennent pas à devenir attractifs en dépit de maints efforts fournis.

Si la France veut rester digne, elle ne doit pas contraindre ces gens à rentrer chez eux mais obliger les patrons qui les utilisaient à leur établir un contrat en bonne et due forme. Ne rêvons pas cela ne se produira pas ; quelques amendes, d’insignifiantes sanctions, le clandestin renvoyé à son triste sort et le dirigeant trouvera d’autres candidats « hors la loi » pour combler les places vacantes.

Pour ma part, j’ai eu, à maintes reprises, l’occasion de fréquenter des personnes étrangères en situation irrégulière, le premier de leur vœu a toujours été de trouver un emploi, quel qu’il soit, et non pas de prospérer tels des individus indésirables ou de vivre de l’aide sociale. Ils avaient été obligés de quitter leur pays d’origine, que ce soit pour des raisons économiques ou politiques, ils souffraient profondément de cette cruelle réalité de la vie, de l’éloignement de leur famille, mais il y avait systématiquement en eux un profond désir d’intégration, une réelle envie d’être considérés comme des Français à part entière, se construisant petit à petit un avenir serein, simple mais équilibré. Certains avaient effectué de belles études ailleurs, d’autres avaient même réussi professionnellement et socialement, mais un jour leur quotidien a basculé et ils se sont retrouvés à faire la mendicité pour quelques heures de travail, juste pour survivre.

Ces êtres là, et ils sont nombreux sur notre sol, ne sont pas un problème à régler à coup de charters mais des humains dont il faut absolument prendre en considération l’existence et leur offrir cette régularisation tant méritée. Depuis des décennies qu’ils occupent les postes les plus ingrats de notre système ce ne serait qu’une juste reconnaissance.

C’est trop facile de renvoyer à Bamako un pauvre Malien qui, souvent, a servi durant plusieurs années les intérêts économiques de la France mais c’est beaucoup plus difficile de rétablir l’ordre dans des banlieues où des individus bel et bien nés sur le territoire français font régner la terreur via leurs gangs organisés. Le premier a travaillé durement, s’est contenté de peu, a payé ses impôts comme tout bon citoyen, n’a pas coûté un seul centime en maladie ou chômage puisqu’il n’en bénéficiait pas ; pour le remercier on le renvoie crever dans sa misère sous prétexte qu’il n’est pas en règle avec ses papiers. Le second, dès le départ, était un agitateur ; à l’école, il était juste capable de perturber les cours et de se battre ;  au collège, il a accentué ses carences et ses défauts puis entamé ses premiers trafics et débuté ses rendez-vous avec la justice. Aujourd’hui il se dit rejeté mais il n’est qu’un paresseux qui n’aspire qu’à gagner de l’argent facile. Il s’investira dans toutes sortes de trafics et sera un véritable boulet pour la société mais,  comme il est Français, on ne pourra jamais l’expatrier. Proposons-lui la place du premier sur un chantier, dans un restaurant à faire la plonge ou les travaux subalternes, à travailler sans relâche pour une somme dérisoire, il refusera invoquant n’importe quel prétexte.

Lutter contre les emplois clandestins ce n’est pas envisager de renvoyer au moins 30 000 personnes dans leur nation de départ. C’est contraindre l’employeur à régulariser le contrat de travail de son ouvrier. Distribuer des amendes, emprisonner des responsables, fermer des entreprises, tout cet arsenal de mesure ne résoudra en rien les questions à la base. Les reconduites sont inutiles et coûteuses, même si elles sont assorties d’une interdiction de séjour, car qui sort aujourd’hui par la porte, rentre demain par la fenêtre. La seule et unique solution est d’inverser les démarches en octroyant uniquement des titres de séjour à ceux qui détiennent un emploi. En agissant de la sorte, tout le monde y gagnerait : les secteurs en pénurie de personnels comme les étrangers désireux de s’installer en France. Avec beaucoup moins de frais et de souffrance.

 

 

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : CHRONIQUES ACTUELLES - Communauté : Blois, autrement
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 23:52


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Parvenu au XXI° siècle, l’être humain est globalement convaincu qu’il est plus évolué que son cousin de naguère. Avec les âges, les pratiques barbares sont censées avoir disparues, l’évolution de la connaissance a permis d’éradiquer de grands fléaux, l’homme se déplace aux quatre coins de la terre en des temps records, communique dans l’instant avec un correspondant situé à l’autre bout du monde, a posé son pied sur la Lune et a même exploré certaines parties de l’univers.

Si les progrès scientifiques et technologiques sont bel et bien la démonstration d’une avancée de l’humanité, l’être en lui-même peut toujours se révéler très incomplet, surtout dans sa pensée et la révélation de celle-ci, son comportement.

Majoritairement nos esprits ont été choqués qu’aient pu exister l’esclavage, l’apartheid ou l’holocauste. Nombreux sont ceux qui luttent encore pour que disparaissent toutes formes de racisme, d’antisémitisme ou d’homophobie. Malheureusement la discrimination subsiste, ouvertement ou de manière fourbe et peu d’actions sont entreprises lorsqu’elle s’affirme de façon détournée. L’utilisation abusive de clichés féminins plus ou moins dénudés à des fins commerciales traduit une forme de sexisme et pourtant la lutte contre cette dégradation de l’image de la femme demeure insignifiante.

Pour preuve ce panneau publicitaire sud-africain réalisé pour une enseigne nationale de clubs réservés aux hommes. Non seulement la femme est vulgairement affichée mais le slogan « No need for Gender Testing » (Pas besoin de test de genre) fait directement référence à l’ambiguïté soulevée par les médias sur le sexe de l’athlète Carter Semenya. La question est d’ordre privé et ne relève que de l’autorité des hautes instances sportives, si besoin est. Apposer une telle remarque en pareille circonstance est une atteinte grave à la dignité de l’individu. Qu’importe la morale pourvu que l’essentiel soit préservé : un code vestimentaire est imposé et le parking est sécurisé !

Hélas peu feront cas de cet outrage car la sportive est noire et l’apartheid n’est pas totalement effacé des mentalités. Pourtant même si la publicité est relative à des lieux où la moralité n’a aucune signification, il est profondément anormal d’exploiter aussi bassement le profil d’une femme comme il pourrait en être d’un produit de consommation courante et de surcroît y trucider l’honneur d’une modeste jeune fille.

Par ailleurs, il est encore plus révoltant de constater que Carter Semenya ait été presque contrainte de justifier de sa féminité en posant dans des contextes différents de ceux des compétitions sportives ! L’enseigne Teazers oserait-elle aussi lui demander de s’étendre dénudée pour sa prochaine campagne publicitaire afin de démentir ses propos antérieurs ? Car, en fait, il n’y a vraiment que les apparences qui comptent !

 

 

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Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : CHRONIQUES ACTUELLES - Communauté : Blois, autrement
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 13:47


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Quand la mélancolie des amours gâchées

Se noie dans la léthargie des jours arrêtés,

Que triomphe l’ennui des séjours esseulés,

Surgit l’envie d’un détour ensoleillé.

Mais l’esprit trop lourd de regrets

Se perd dans l’oubli sourd des secrets.

Au prix d’un sacrifice inouï

On prie les délices de l’harmonie,

Magie des caprices de la folie

Qui embellit les supplices de la vie.

Tourner la page des amours fêlées,

S’inventer l’hommage d’un retour rêvé,

Dessiner l’image de secours idéalisée,

Imaginer le partage de discours enflammés.

Ebaucher une histoire peu sage

Pour chasser les soirs d’orage.

Rappeler des moments volés au passé,

Envolées des amants dévoilés derrière les volets,

Le murmure des draps plissés sur les corps souples,

La morsure des émois glissés en des sorts troubles.

Retrouver la douceur de la caresse complice,

Eprouver l’ardeur et la tendresse consolatrices.

Faible lueur d’espoir dans le néant des nuits de solitude

Telle une fragile fleur de soie ondulant dans la plénitude.

 


Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 20:16


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Je me suis assise au bord du fleuve

En attendant qu’il pleuve

Afin de laver mon âme

Et noyer mes larmes.

Cœur blessé à la dérive,

Pantin oublié sur la rive,

Mon esprit se perd dans les nuages

Tandis que mon corps subit les ravages.

Toutes les pièces cassent une à une,

Mes yeux se pendent au clair de lune.

J’ai mal au creux de moi,

Il y souffle un vent froid.

J’ai peur au fond de moi

Car tu n’es plus là.

Tant de nuits avec ta seule ombre,

Trop de pleurs dans les heures sombres.

Fantôme fuyant de mes jours

Et ces prières pour ton retour.

Mon regard accroché à l’onde

Cherche encore à entrer dans ton monde.

Les attentes au goût amer de souffrance,

Et ces présences pétries de silence.

Pour moi tellement peu d’exigences,

Mais je n’avais aucune chance.

Trop de soucis, surgit l’ennui,

S’évade l’envie, meurt la vie.

J’aurais tellement voulu,

Longtemps j’y ai crû.

Tout en moi est pour toi

Tu ne le vois pas, tu n’en veux pas.

Désormais tout est perdu

Règne le noir absolu.

Je  me suis assise au bord du fleuve

En attendant qu’il pleuve

Pour étouffer mon chagrin

Dans les flots lointains.

Ma peine se confond dans les regrets,

Je sais que je ne te reverrai jamais.

 

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
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